Miam, des M&Ms

Du sucre, des graisses et des colorants

Ces jolies petites pastilles ne contiennent que du sucre et du gras. On s’en doutait, ce n’est pas étonnant pour du chocolat enrobé. À cela, il faut ajouter des colorants, de jolis colorants brillants qui attirent les petits doigts gourmands.

Ce qu’il y a dans les M&Ms

Description : Cœurs de céréale croustillants (17 %), enrobés de chocolat au lait (62 %) et dragéifiés • Ingrédients : sucre, pâte de cacao, farine de riz (11 %), lait écrémé en poudre, matière grasse de palme, beurre de cacao, lactose, matière grasse du lait, matière grasse de karité, sel, extrait de malt d’orge, colorants (E100, E120, E133, E160a, E160e, E171), sirop de glucose, amidon, émulsifiant (lécithine de soja), dextrine, dextrose, agent d’enrobage (cire de carnauba), arômes, huile de noix de coco. (Peut contenir : cacahuète, noisette, amande.)

Décodage de la liste d’ingrédients

Cœur de céréale = sucre et farine de riz
Le cœur des M&Ms que j’ai achetés est une toute petite bille croustillante, ressemblant à certaines céréales du matin. Elle est enrobée de chocolat au lait et d’une couche de couleur laquée, brillante et croustillante.

Cire de carnauba = cire issue des feuilles d’un palmier du Brésil
C’est un agent d’enrobage alimentaire, c’est lui qui rend les M&Ms et autres friandises brillants, lustrés. On s’en sert également pour faire briller le bois (mélangé à la cire d’abeille), les chaussures (dans le cirage), le mascara ou les médicaments en comprimés ! Autorisée en bio.
Apparemment, la récolte de cette cire ne se fait pas dans des conditions idéales pour les ouvriers agricoles. Espérons que celle qui est autorisée en bio soit récoltée dans de meilleures conditions.

Matière grasse de palme = désastre écologique et espèces animales en danger
(https://www.tantmieux.fr/huile-palme-deforestation-orang-outangs/)

Il y a six sortes de matières grasses dans les M&Ms (beurre de cacao, matière grasse de lait, de palme, de karité, lécithine de soja, huile de noix de coco), chacune ayant sa texture particulière. Les fabricants de friandises les mélangent souvent pour obtenir l’onctuosité recherchée.

Karité = noix d’un arbre africain utilisée pour faire une sorte de beurre végétal utilisée dans la cuisine et en cosmétique.

Sirop de glucose, dextrine, dextrose, amidon = sucres

Malt d’orge = grains d’orge germés puis grillés
On l’utilise pour son bon goût et ses arômes agréables.

Mots en gras = allergènes
Tous les produits laitiers, contenant du lactose, peuvent être considérés comme des allergènes. L’orge contient du gluten, également allergène. De même, certaines personnes sont sensibles au soja raffiné et aux fruits à coque.
Voir la liste officielle régulièrement mise à jour.

Des couleurs très vives, mais pas toutes très nettes

Bon nombre de colorants alimentaires sont d’origine végétale ; malheureusement, pour extraire des végétaux les molécules intéressantes, il est nécessaire d’utiliser des solvants qui eux, ne sont pas naturels et sont souvent toxiques. Bien sûr, ils ne sont présents dans les colorants qu’en quantités infimes, mais c’est toujours pareil, à force d’accumuler des quantités infimes, ça finit par faire beaucoup.
De plus, pour fabriquer des sortes de laques à partir de ces colorants, on utilise des sels d’aluminium, qui n’ont pas du tout bonne réputation.
Et pour couronner le tout, on utilise un sel de titane, vraisemblablement inoffensif lorsqu’il est utilisé extérieurement, mais potentiellement cancérigène lorsqu’il est ingéré sous forme de nanoparticule.

E100 = curcumine = curcuma = jaune

La curcumine provient de la racine de curcuma, très largement utilisée dans la cuisine indienne, par exemple. Donc en soi, elle n’est pas toxique. Cependant, pour l’utilisation comme colorant dans l’industrie alimentaire, la curcumine est extraite à l’aide de solvants qui peuvent être présents à l’état de trace. En outre, plus ennuyeux, on peut trouver jusqu’à 30 % d’aluminium dans sa forme de laque servant à dragéifier les pastilles. Exclu de la filière bio.

E120 = acide carminique = cochenille = rouge carmin

La cochenille est un tout petit insecte parasite de divers cactus et autres plantes. Son corps séché sert de colorant rouge en Amérique latine. L’acide carminique est la molécule colorante. Le colorant alimentaire sous forme de laque peut contenir jusqu’à 30 % d’aluminium. Exclu de la filière bio.

E133 = bleu brillant

Il s’agit d’un colorant artificiel d’origine pétrochimique. C’est un bleu foncé dérivé du goudron de houille. Son innocuité n’est pas établie. Comme les autres, sous forme de laque, il contient beaucoup d’aluminium. À été, à une époque, interdit dans de nombreux pays européens.

E160a = bêta-carotène = provitamine A = carotte = orange

C’est la forme de carotène la plus courante. Elle se transforme en vitamine A dans l’organisme. Le colorant alimentaire, lui, est souvent de synthèse ou alors extraite avec des solvants chimiques. Dommage. Exclu de la filière bio.

E160e = caroténal = rouge-orange

La molécule est présente dans les agrumes et les épinards. Le colorant peut être d’origine naturelle ou synthétique et dans ce cas, il peut contenir des restes de solvants, donc il est exclu de la filière bio.

E171 = dioxyde de titane

On l’utilise dans l’alimentation et la cosmétique sous forme de nanoparticule (on le trouve par exemple dans les dentifrices non bio, car il est très blanc, et dans de nombreux bonbons). Son innocuité est de plus en plus contestée. Il est sous surveillance des autorités sanitaires, car il cause des troubles du système immunitaire et des lésions précancéreuses chez le rat : il pénètre la paroi de l’intestin et passe dans le sang. Il n’est pas autorisé dans la filière bio et certains fabricants de confiseries l’ont supprimé de leurs recettes.
Une matière utilisée sous la forme nanométrique est 10 000 fois plus petite qu’un grain de sel (Source : Libération ).

Author: Anne

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