Le vagin est un jardin intérieur

Le vagin produit diverses sécrétions lui permettant d’assurer sa bonne santé et son bon fonctionnement dans le cycle reproducteur, ainsi que dans la sexualité. Il contient une flore spécifique ayant une fonction protectrice.

Des sécrétions multifonctions

Les sécrétions vaginales sont normales, utiles et nécessaires.

  •  Les pertes vaginales

Sécrétées par des glandes du col de l’utérus et les parois du vagin, elles ont une fonction nettoyante. Certaines femmes en ont plus ou moins que d’autres. Elles servent à éliminer les cellules mortes (desquamation des parois du vagin et de l’utérus) et autres déchets du métabolisme.

C’est le changement d’odeur ou de couleur des pertes qui doivent nous alerter, pas leur quantité en tant que telle.

  •  La glaire cervicale ou le mucus cervical

Produite par des glandes du col de l’utérus, elle intervient dans la fécondation en favorisant le transport des spermatozoïdes. La quantité sécrétée varie beaucoup au cours du cycle, ainsi que sa couleur et sa viscosité. Sa sécrétion s’arrête à la ménopause.

  •  La lubrification vaginale

Provenant de glandes situées de part et d’autre de la vulve, elle est sécrétée au cours de l’excitation sexuelle pour faciliter la pénétration du pénis. La quantité sécrétée varie fortement d’une femme à l’autre et n’est pas un indicateur du niveau d’excitation.

L’éjaculation féminine n’est pas sécrétée par le vagin, mais par l’urètre. La quantité expulsée varie énormément d’une femme à l’autre et n’est pas le signe d’un orgasme plus ou moins puissant.

 

 La deuxième flore la plus abondante après celle de l’intestin

Comme c’est un organe ouvert sur l’extérieur, comme la bouche ou le nez, il est tapissé par une membrane protectrice et abrite une flore bactérienne (= microbienne) de défense.

Cette flore est composée essentiellement de lactobacilles de plusieurs espèces. Un millilitre de sécrétion vaginale peut contenir jusqu’à 10 millions de bactéries.

Les lactobacilles se nourrissent de cellules mortes et produisent de l’acide lactique, qui procure au vagin son acidité, et du peroxyde d’hydrogène (= eau oxygénée), nécessaire pour combattre les germes pathogènes :

– les lactobacilles créent un milieu acide dans lequel les microbes indésirés ne peuvent survivre ;

– ils forment un film protecteur qui tapisse la paroi du vagin et empêche les pathogènes de l’attaquer ;

– ils produisent des antibiotiques naturels ;

– ils ont une action antivirale et antifongique.

Le tabac très mauvais, il diminue la vivacité des bactéries.

Le pénis et le prépuce ont eux aussi leur microbiote, mais il a très peu été étudié et on ne sait quasiment rien sur lui.

 

 Un équilibre naturel sensible aux perturbateurs extérieurs

Le pH naturellement acide de la flore vaginale (entre 3,8 et 4,5, le pH neutre étant 7) est indispensable au maintien du fragile équilibre entre les bactéries. Si celui-ci est perturbé, la flore ne peut plus exercer son rôle protecteur. Or, les bactéries pathogènes se développent surtout lorsque le pH du vagin est perturbé.

  •  Des facteurs de déséquilibre intérieurs…

La quantité de sécrétions du vagin et du coup, son acidité, varient avec l’âge et le moment du cycle hormonal. Certaines maladies (diabète) et certaines périodes de la vie (grossesse, allaitement, ménopause, vieillissement) perturbent la lubrification.

  •  … et extérieurs

Le stress, certains médicaments, une hygiène intime inappropriée ou intensive déséquilibrent la flore et peuvent provoquer des maladies vaginales (vaginite, vaginose bactérienne ou mycose vaginale = candida albicans).

– Facteurs médicamenteux, en particulier les antibiotiques, mais aussi des médicaments contre les allergies, les maladies cardio-vasculaires ou psychiatriques et la contraception.

– Facteurs quotidiens : toilettes intimes trop fréquentes, douches vaginales, déodorants, gels douche et savons, produits parfumés, sous-vêtements synthétiques, vêtements trop serrés ou mouillés.

  • En cas de pépin

Si l’aspect ou l’odeur des pertes change fortement, ou en cas de démangeaisons, aller consulter un médecin.

Prendre des probiotiques (sous forme d’ovules plutôt qu’oralement) pour aider à rétablir l’équilibre de la flore.

Le Lactobacillus crispatus vous aidera plutôt en cas de vaginose bactérienne ou de candidose. Et, en période de ménopause, il sera votre allié contre la sécheresse intime et l’atrophie de la muqueuse vaginale.

Le L. rhamnosus est un spécifique des mycoses.

Le L. gasseri est lui plutôt efficace en cas d’infection par le Papillomavirus (condylomes) et d’herpès vaginal.

 

 

Le vagin est un jardin intérieur qui n’a pas besoin d’être nettoyé

Les vendeurs de produits d’hygiène intime entretiennent notre peur d’être sale ou de sentir mauvais. Toutes leurs publicités nous parlent d’être fraîches et de sentir bon.

Non à l’hygiène pathogène

Ne rien utiliser

La plupart des savons, gels douche ou shampoings sont tout à fait inadaptés et ne respectent pas le pH du vagin. Donc, pas de gel douche, de savon de Marseille ou de produits antiseptiques, et pas de tampons en dehors des règles.

Les lingettes humides, de façon générale, ne sont pas une bonne idée. Elles contiennent souvent des produits chimiques qui dessèchent la vulve et la rendent plus fragile.

Le gant de toilette mouillé est une mauvaise habitude. Les bactéries aiment l’humidité et se reproduisent dans le gant de toilette.

Et quand on dit rien, c’est RIEN

La douche vaginale, le talc (souvent contaminé par de l’amiante), l’œuf en jade (le jade est poreux, donc l’œuf devient un véritable nid à bactéries), le bains de vapeur vaginal (eh oui, promu par Gwyneth Paltrow), le vinaigre (?) ou les antiseptiques sont à bannir.

Oui à l’hygiène saine

« Les soins inadaptés par rapport à la flore vaginale détruisent celle-ci et sont la porte d’entrée des maladies vaginales. Pour bien respecter cette flore vaginale dans le cadre des soins intimes quotidiens, il ne faut pas pénétrer dans le vagin. Il faut cantonner les soins à la vulve, aux soins extérieurs. »

Dr Jean-Luc Deville, gynécologue
www.gynandco.fr

Voilà, c’est dit !

Plus précisément, il vaut mieux utiliser simplement de l’eau claire. On peut utiliser soit un gant propre chaque jour, soit, c’est le mieux, se nettoyer à la main. On se sèche bien, en douceur, d’avant en arrière de préférence, sans frotter.

Après l’amour, certains partenaires aiment prendre une douche, d’autres préfèrent prolonger le moment intime. Médicalement, il n’y a aucune raison d’aller prendre une douche, d’aller vers un soin « intime » après un rapport sexuel.

Pendant les menstruations, il importe peu d’utiliser des tampons ou des serviettes. Ce qui est important, c’est de les changer régulièrement et de ne pas laisser s’installer une humidité et une moiteur (4 à 6 heures maximum). Et ne pas aller se nettoyer à l’intérieur, sinon on détruit la flore vaginale de la même manière.

Source : adapté d’un article dirigé par Dr Gautier Vandenbossche.

Autres sources : The Guardian, everydayhealth.com, Doctissimo, Le Figaro, Alternative Santé.
www.theguardian.com

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