Aurore Stéphant fait le bilan des ampoules électriques sur le plan des métaux utilisés et sur le plan énergétique. Aurore est ingénieure géologue minier, travaillant dans le secteur minier, spécialisée dans les risques environnementaux et sanitaires des filières minérales, cofondatrice de l’association SystExt.

Les informations présentées dans cet article proviennent d’un entretien avec Aurore Stéphant sur Thinkerview. Vous trouverez les liens utiles à la fin de l’article.

LES NOUVELLES AMPOULES

La lampe fluocompacte

Le 1er janvier 2013 a vu la fin de la lampe à incandescence qui consomme trop d’énergie, en application d’une directive européenne. Nous sommes depuis passés à la lampe fluocompacte (verre blanc opaque en serpentin ou en tortillon).

Cette ampoule est-elle “verte” ? Permet-elle une énorme économie d’énergie ?

Ce verre opaque est un verre recouvert d’une poudre qui contient des matières luminophores (des terres “rares” comme le gadolinium, le serium ou d’autres) dans des matrices à base de magnésium, de baryum, d’oxyde d’itrium. À l’intérieur de l’ampoule se trouve une vapeur de mercure et d’argon qu’on excite électriquement, et les luminophores se mettent à émettre. On obtient un gain substantiel d’éclairage.

De plus, cette ampoule dure nettement plus longtemps que la lampe à incandescence :
Lampe à incandescence = à peu près 1 000 heures
Lampe fluocompacte = 8 000 heures
LED = 40 à 50 000 heures

La LED

Elle est constituée principalement à base de gallium (nitrure de gallium et d’arsenic, phosphorure de gallium, ou autres).

Le recyclage des ampoules

La lampe à incandescence pouvait aller à la poubelle (il n’y avait que du verre et du tungstène, qui n’est pas considéré comme un produit dangereux).

Le recyclage des ampoules fluocompactes et des LED est très compliqué.
D’une part, quand on casse une ampoule flucompacte, cela émet plein de poussière blanche, énormément de vapeur de mercure très toxique.
D’autre part, on trouve plus de 20 métaux à l’intérieur d’une fluocompacte. Leur récupération demanderait une quantité énorme d’énergie. Donc on écrase les ampoules, on les pile et on stocke tout ça sous terre…

Certains ont bien essayé de récupérer les terres rares, il y a eu des initiatives, mais ça n’a pas l’air de marcher très bien (on ne trouve pas de chiffres).

LE BILAN DES NOUVELLES AMPOULES

L’ampoule fluocompacte a jusqu’à 26 fois plus d’impact que l’ampoule à incandescence et la LED a 2 à 5 fois plus d’impact.

Pour augmenter la durée d’éclairage et diminuer la consommation énergétique, on a fait du dopage métallique et on a créé des déchets toxiques. Résultat : les nouvelles ampoules sont considérées comme des produits dangereux !
Les services de santé canadiens, par exemple, alertent sur la santé des habitants suite à un bris de fluocompacte et sur la santé des travailleurs dans les points de collecte et de recyclage. Les gens dans ces usines sont en danger.

Quand à la LED, on a beau dire qu’elle va progressivement remplacer la fluocompacte, elle est quand même dangereuse. Donc c’est une blague. C’est comme le véhicule électrique par rapport au véhicule électrique.

On fait une économie d’énergie sur l’usage final, mais pas du tout sur le cycle complet. C’est une vision totalement court-termiste. Il faut tout prendre en compte. On ne peut pas prendre en compte seulement les gaz à effet de serre.

Source :

Aurore Stéphant sur Thinkerview

Thinkerview

Résumé et timing de la vidéo