Le jeu du monde nouveau

La richesse dépend des valeurs

• Avez-vous déjà remarqué comment certaines personnes pourtant très douées pour x chose n’arrivent pas à s’en sortir financièrement ? Avez-vous remarqué que c’est souvent le cas pour des personnes ayant des dons artistiques, créatifs, donc pour beaucoup de gens qui créent et produisent eux-mêmes des choses, et aussi pour les gens ayant des dons relationnels ou thérapeutiques ?
Pour ma part, j’ai remarqué qu’on dit facilement de ces personnes qu’elles ont “un problème avec l’argent”, qu’elles “ne vivent pas dans le réel”, qu’elles “ne gèrent pas bien le monde matériel”, etc. Bref, qu’elles sont à côté de la plaque.
Mais on pourrait imaginer d’inverser certaines valeurs.

Les plus riches sont souvent les plus pauvres

Exemple. Dans notre monde réel actuel, nous accordons beaucoup de valeur à la qualité des objets qui nous entourent et sommes prêts à dépenser pas mal d’argent pour eux : appareils ménagers ou électroniques, mobilier, vêtements, véhicules, etc. En même temps, nous attachons beaucoup d’importance à notre image extérieure, dont les signaux sont portés par ces objets et leur provenance – d’où le pouvoir qu’ont les marques d’influencer nos décisions d’achats (et le montant que nous sommes prêts à dépenser, directement proportionnel à leurs gains financiers).
Une conséquence de ce pouvoir de l’image est que nous sommes prêts à mettre n’importe quoi DANS notre corps à condition que cela réponde à certains critères, comme la marque ou la notoriété : nous allons ingurgiter des Kellogg’s ou nous étaler du Loréal sur la figure simplement “parce que nous le valons bien”.
Par contre, nous rechignons à dépenser un peu plus pour des produits bio (pourtant moins chers que beaucoup de produits de marque), à payer un psy ou un thérapeute sans passer par la sécu, à faire des dons à des associations humanitaires ou culturelles, etc.
Premier résultat : nous sommes tout beaux dehors et tout pourris dedans ! (Je provoque un peu.)
Second résultat : qui gagne bien sa vie ? Apple, Ikea, Loréal, Kellogg’s. Qui ne la gagne pas ? Les producteurs bio, les artistes, beaucoup de créatifs, les gens qui travaillent dans le social, le thérapeutique, le relationnel, le développement de la personne (à part quelques stars).

Où les vraies richesses prennent de la valeur

Imaginons l’inverse : tout le monde s’en fiche du look de son portable du moment qu’il marche bien et longtemps, tout le monde s’en fiche d’avoir des cils de 5 ou de 10 mm, tout le monde a envie de se sentir bien et d’acheter ce qui lui fait plaisir à des gens sympas, pas dans des magasins géants et impersonnels qui vendent tous la même chose.
Tout d’un coup, le monde arrête de survaloriser financièrement les commerciaux, les financiers, les marques, les baratineurs, et se met à valoriser tout ce qui fait du bien aux gens : manger bien, se soigner en douceur pour ne pas s’abîmer encore plus, s’écouter, écouter les autres, s’exprimer avec facilité, avoir de belles choses uniques autour de soi, faire du business avec ses voisins, etc.
Qui va pouvoir enfin gagner sa vie ? Tous ceux qui iront dans ce sens. Qui va commencer à galérer ? Tous ceux qui voudront vendre du vide, du vent et du standard. La richesse aura viré de bord.
Dira-t-on encore que ceux qui veulent faire du bien aux autres ou créer de belles choses sont à côté de la plaque ? Bien sûr que non. On dira que c’est McDonald’s qui est à côté de la plaque – d’ailleurs, il l’est déjà, mais la plupart d’entre nous ne le savons pas encore.
Ce serait sympa, non, d’inverser les valeurs !

Author: Anne

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