Oui, nos gènes sont à l’origine de tout dans notre organisme, mais, contrairement à ce qu’on a répété pendant 50 ans, ce ne sont pas eux qui sont au contrôle.

Au bout de la chaîne de commandement, l’ADN, pas au début
Que se passe-t-il si la protéine spécifique du signal  n’est pas présente dans la cellule ? L’ADN entre en scène !

 

 

La double hélice de l’ADN contient la matrice des protéines : elle est constituée de “bases”, chaque trio de bases correspondant à un amino-acide. Une séquence de bases dans un gène permet donc la fabrication d’une succession d’amino-acides, c’est-à-dire d’une protéine.

Mais il faut savoir que les gènes ne s’autoactivent pas. Un gène ne peut ni s’activer ni se désactiver tout seul, il ne contrôle rien du tout, pas même lui-même*.
Pendant 50 ans, on a cru et répété partout que les gènes contrôlaient la biologie. Or, apparemment, c’est faux : “Quand le produit d’un gène est nécessaire, c’est un signal de son environnement qui active son expression, pas une propriété émergente du gène lui-même” (H. F. Nijhoud, 1990). Les gènes sont activés en réponse à l’environnement dans lequel ils se trouvent.
Donc, si une personne est porteuse d’un “gène du cancer” et que ce cancer apparaît, ce n’est pas dans le gène qu’il faut regarder, mais dans les signaux de son environnement : quel changement dans la vie de la personne a provoqué l’activation de ce gène ?

Le noyau de la cellule, stock de gènes
Les chromosomes sont constitués pour moitié d’ADN et pour moitié de protéines. Depuis la découverte des gènes, on étudie l’ADN hors contexte : on sépare l’ADN des protéines qui entourent les chromosomes comme des manchons protecteurs, on met à la poubelle ces protéines et on étudie l’ADN “pur”. Or une telle chose n’existe pas dans l’organisme, l’ADN étant toujours associé à des protéines régulatrices. Et en fait, qu’avons-nous ignoré pendant 50 ans ? Le contrôle.
Si on veut lire un gène dans l’organisme, il faut d’abord enlever le manchon de protéines qui le cache. Pour que ce manchon s’ouvre, il faut que les protéines changent de forme, il faut donc un signal de l’environnement (voir ici).

L’usine à protéines fonctionne sur commande
Lorsqu’un signal secondaire, relai d’un signal primaire provenant de l’environnement, ne trouve pas la bonne protéine à activer dans la cellule, il va provoquer sa fabrication dans le noyau.
Pour ce faire, il va pénétrer dans le noyau et se fixer sur la protéine régulatrice qui contrôle le bon gène, ce qui va déclencher l’ouverture du manchon protecteur : le gène est maintenant exposé. Il est alors dupliqué par de l’ARN, puis recouvert à nouveau de son manchon.
Le duplicata du gène s’en va dans la cellule, où la protéine est alors fabriquée (dans les ribosomes).

 

 

Pour qu’un gène du cancer s’exprime, il faut qu’un signal déclenche son expression.

Conclusion : la perception “contrôle” les gènes.
Les signaux extérieurs contrôlent l’activité des gènes.

* Par exemple, le concept de “gène du cancer” est faux : si le gène causait réellement le cancer, le cancer apparaîtrait dès la naissance, voire avant… Comment se fait-il que ces soi-disant gènes du cancer se trouvent dans notre organisme pendant 30 ou 50 ans sans nous rendre malades et que tout d’un coup, le cancer apparaisse ?

 
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