Le festin des dieux, le secret des champions

Le miel est avant tout la nourriture des abeilles pendant toute l’année. C’est un cadeau inestimable qu’elles nous font en nous permettant de le récolter.

Le miel, don des abeilles, des fleurs et des arbres

• Le miel prend sa source dans la terre qui produit des nutriments pour les plantes et dans les nuages qui mouillent la terre de pluie.
70 % des plantes à fleurs ont besoin des insectes pour assurer leur reproduction. Elles fabriquent donc le nectar pour attirer les insectes pollinisateurs. Quand l’abeille plonge dans la fleur pour puiser le nectar, son corps poilu se recouvre de pollen au passage. Elle visite successivement une trentaine de fleurs de la même espèce en y transportant du pollen. Puis elle revient, jabot plein de nectar, à la ruche.
Pour faire 1 kg de miel, les abeilles parcourent l’équivalent de plusieurs fois le tour de la Terre et butinent plus d’un million de fleurs.
• Le miel d’arbres, appelé miellat, est fabriqué par les abeilles à partir d’une substance rejetée par certains insectes (pucerons aphidés, cochenilles, cigales, etc.) qui percent la surface des feuilles et de l’écorce de certains arbres (sapins, mélèzes, peupliers, chênes et beaucoup d’autres) pour en prélever la sève.

Du nectar au miel

Le nectar contient environ 50 % d’eau, ce qui le rend impossible à conserver tel quel, car il fermenterait. Les abeilles le transforment donc en miel qui, lui, se conserve très bien.
• Les abeilles déshumidifient progressivement le nectar en le brassant avec leurs pièces buccales, en ventilant avec leurs ailes et au cours de la trophallaxie (elles régurgitent de leur jabot le nectar en cours de transformation et se le passent de bouche en bouche).
• Le nectar est prédigéré dans la bouche et dans le jabot des abeilles, où il est mélangé à de la salive et à de nombreuses substances propres aux abeilles, ce qui modifie sa composition, principalement ses sucres. C’est là que le miel acquiert toute sa richesse enzymatique et son haut pouvoir antiseptique. Le miel n’est pas simplement du nectar qui contiendrait moins d’eau.
• Lorsque le miel atteint la teneur en eau souhaitée, 17 % en moyenne, les abeilles bouchent les alvéoles avec de la cire. Le miel emmagasiné ainsi à l’abri de l’humidité de l’air peut se garder pendant des mois. Le mûrissement s’opère ensuite lentement et longuement dans les alvéoles.
• Dans l’air de la ruche, le miel acquiert une flore spécifique et favorable. Un miel récolté trop tôt et artificiellement déshumidifié ne pourra apporter au système digestif ou à la plaie son ensemencement bénéfique. La richesse enzymatique, les vitamines, les sucres simples et les acides organiques du miel sont détériorés par la chaleur et la lumière.
• La cristallisation est un phénomène normal, mais elle se produit de manière différente selon les miels.

La récolte du miel

Les abeilles placées dans de bonnes conditions peuvent fabriquer plus de miel qu’elles n’en ont besoin. On peut donc récolter ce surplus sans nuire à la colonie.
Les techniques de récolte, d’extraction et de filtration influencent la qualité et les propriétés du miel. La richesse enzymatique, les sucres simples, les vitamines et les acides organiques du miel sont détériorés par la chaleur et la lumière.
Afin de garder intactes ses exceptionnelles qualités gustatives et nutritionnelles, chaque miel doit être récolté au bon moment et ne jamais être chauffé au-delà de 35 °C, température naturelle de la ruche.
Le miel doit être consommé dans les trois ans qui suivent la récolte. Ses qualités antibactériennes et médicinales disparaissent aussi petit à petit au bout de deux ans, surtout s’il est exposé à la lumière et à la chaleur.

Le miel en rayon

C’est un miel brut, intact et intégral qui peut se consommer en croquant le “gâteau” composé par les abeilles : alvéoles de cire et miel.

Le miel, une richesse tout en or

La composition du miel varie grandement en fonction de la flore, de la nature du sol, des conditions météorologiques, de la ruche elle-même, de son implantation, de la présence ou non d’autres insectes (pucerons, cochenilles), de l’environnement (agricole, routes) et des méthodes utilisées par l’apiculteur.
Certains éléments se retrouvent dans tous les miels, d’autres sont spécifiques. C’est ce qui fait que les miels n’ont pas tous la même indication pour la santé.

L’énergie est dans le pot

La matière sèche du miel est constituée de 95 à 99 % de glucides. Plus de quinze sucres différents sont présents, qui confèrent au miel une action stimulante et équilibrée pour booster notre énergie, nos muscles et notre cerveau.
• Le miel est riche en enzymes, sauf s’il a été chauffé.
• Le miel contient des acides organiques : gluconique, acétique, citrique, lactique, succinique et formique, lui conférant un pH acide, en moyenne de 3,9.
• On y trouve 19 acides aminés libres et des protéines. Le miel le plus protéiné est le miel de bruyère callune.
• Les esters de cholestérol se retrouvent en quantité significative dans le miel de tournesol. On sait que les esters de cholestérol servent à la biosynthèse des hormones.
• Quant aux éléments minéraux et oligo-éléments, on a pu en identifier plus de trente, dont calcium, magnésium, chrome, zinc, manganèse et souffre. Ces sels sont plus nombreux et abondants dans les miels foncés de type miel de forêt, sapin, châtaignier, chêne (les miellats).
• Malheureusement, on trouve aussi dans beaucoup de miels des résidus de polluants (antibiotiques, traces de métaux lourds, herbicides et désherbants, pesticides, fongicides). Si les ruches sont entourées de plantes qui poussent avec des engrais chimiques sur une terre affaiblie ou nourries avec du sucre, le miel sera pauvre en nutriments et ingrédients actifs.

Le miel et l’homme

• Grâce à ses sucres prédigérés par les abeilles, le miel est notre meilleur carburant. C’est un aliment de choix pour tous ceux qui travaillent du cerveau (étudiants, intellectuels, chercheurs, etc.) ou des muscles (travailleurs physiques, sportifs, etc.). Consommé avec modération, il ne fait pas grossir.
• Grâce à ces sels minéraux, le miel est reminéralisant pour les personnes affaiblies ou convalescentes. Il aide à fixer le fer.
• Ses vitamines stimulent notre métabolisme.
• C’est un régulateur intestinal, un laxatif doux.
• Il calme les gorges irritées, facilite l’évacuation de mucus.
• L’une de ses enzymes, la glucoseoxydase, permet la production de peroxyde d’hydrogène (eau oxygénée), si utile sur les plaies quand on y applique du miel. On se sert de pansements au miel à l’hôpital pour cicatriser les escarres, les brûlures, les plaies chirurgicales, et chez soi pour les petits bobos !

Adapté de textes originaux extraits de “Apithérapie, les bienfaits des produits de la ruche” par Catherine Flurin (Editions Eyrolles), reproduits avec l’autorisation amicale de Catherine Flurin.
www.ballot-flurin.com

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